Ce qu’il faut retenir
Le marché de l’assurance en République démocratique du Congo a versé 58 millions de dollars d’indemnités aux assurés en 2024, contre seulement 2 millions en 2018, selon les données divulguées le 27 décembre 2025 par l’Autorité de régulation et de contrôle des assurances.
En six ans, les remboursements ont été multipliés par vingt-neuf, un saut rarement observé dans un secteur qui restait sous le radar du grand public.
Un bond de proportions historiques
Le chiffre de 58 millions de dollars inscrit dans le rapport 2023-2024 fait office de repère pour un marché longtemps associé à des montants symboliques.
En 2018, les indemnisations plafonnaient à 2 millions, illustrant la phase embryonnaire d’un secteur encore en quête de confiance et de couverture financière suffisante.
La différence absolue de 56 millions souligne l’accélération des demandes payées, mais surtout la capacité accrue des assureurs à honorer leurs engagements vis-à-vis des sinistrés.
Pour le régulateur, ce glissement quantique apparaît comme un indicateur de maturation du marché plus encore que de simple croissance conjoncturelle.
Le regard du régulateur ARCA
L’Autorité de régulation et de contrôle des assurances, qui a présenté ces données à Kinshasa le 27 décembre 2025, met en avant une dynamique qualitative plutôt que quantitative.
Son rapport précise que les indemnisations ne représentaient qu’un faible pourcentage de l’activité globale il y a six ans, sans toutefois divulguer ce ratio dans le résumé public.
Le document souligne néanmoins que la hausse des remboursements s’inscrit dans le sillage d’initiatives destinées à professionnaliser les procédures de déclaration et de règlement des sinistres.
ARCA insiste sur la nécessité pour chaque opérateur d’aligner ses pratiques sur les règles prudentielles, rappelant que la confiance des assurés dépend de paiements rapides et documentés.
Signaux pour les sinistrés et les assureurs
Pour les sinistrés, l’augmentation des indemnités signifie, avant tout, une reconnaissance effective de leurs droits contractuels et une capacité renforcée à se relever après un dommage.
Pour les compagnies, verser davantage ne constitue pas seulement un poste de dépense supplémentaire ; c’est aussi la preuve qu’un volume supérieur de primes et de polices circule désormais.
Le secteur y gagne en visibilité ; les citoyens comme les investisseurs peuvent constater une matérialité des engagements écrits, enjeu crucial dans un contexte souvent exposé à l’informalité.
La statistique de 58 millions redessine donc l’équilibre entre perception du risque, solidité des assureurs et attente du public, forgeant un cercle potentiellement vertueux.
Et après ?
À la lecture du rapport 2023-2024, ARCA se garde de tout triomphalisme et appelle à maintenir l’effort de conformité afin d’éviter une éventuelle contraction après cette expansion rapide.
Le régulateur souligne que la surveillance prudentielle devra rester vigilante pour prévenir tout décalage entre les réserves techniques et l’afflux de dossiers indemnisés.
Il rappelle également que la culture d’assurance se consolide sur la durée ; la progression de six ans, bien que spectaculaire, ne saurait suffire à elle seule à ancrer des pratiques pérennes.
Le chiffre de 58 millions, présenté en décembre 2025, sera donc scruté lors du prochain rapport annuel ; sa confirmation ou son dépassement orientera les stratégies d’expansion ou de consolidation.
En attendant, l’écart de quarante-six millions avec la période de référence place le marché congolais devant un double défi : répondre aux attentes créées et préserver sa soutenabilité financière.
