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    Ces photos révèlent les pionnières des médias congolais

    De Désiré Nguendéjanvier 21, 20267 Mins de Lecture
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    Brazzaville : une mémoire des médias au féminin

    Le 17 janvier à Brazzaville, l’Union des femmes des médias du Congo (Ufemco) a réuni une exposition photographique et la projection d’un film documentaire retraçant l’histoire du journalisme congolais. Le fil conducteur est clair : rendre visible l’apport des femmes dans la construction de l’information et de la société.

    L’événement s’inscrit dans une démarche de transmission. Il propose au public, toutes générations confondues, un récit où les trajectoires féminines ne sont plus des notes en marge, mais des repères assumés. Une façon de compléter la mémoire collective sans l’opposer.

    Dans une salle attentive, on entend autant les conversations de journalistes que les réactions de visiteurs venus par curiosité. L’Ufemco joue ici un rôle de passeuse : elle organise, rassemble, et relie des images à des parcours professionnels qui ont marqué l’espace public congolais.

    Exposition “histoire en images” : un récit rééquilibré

    Intitulée « Femmes des médias du Congo : histoire en images », l’exposition propose une traversée de la presse congolaise à partir de visages souvent moins cités. Le dispositif vise à rééquilibrer une histoire longtemps racontée à travers des figures masculines occupant le devant de la scène.

    Chaque photographie est pensée comme une capsule de vie professionnelle. L’Ufemco rend hommage à des pionnières ayant franchi des obstacles socioculturels, et à des professionnelles d’aujourd’hui qui portent des responsabilités. Le message est autant patrimonial que pédagogique : montrer, pour mieux comprendre.

    Les portraits, sans commentaires interminables, laissent le regard travailler. On y lit la concentration, la rigueur, parfois la fatigue, souvent la fierté. Le choix de l’image, plus direct que le discours, crée une proximité avec des métiers parfois perçus comme lointains.

    Le public a pu connaître ou reconnaître plusieurs figures historiques, parmi lesquelles Marie-Jeanne Kouloumbou, Félicité Safou-Safouesse, présentée comme première speakerine africaine, Eliane Tsaka, Alexandrine Mbemba, Peggy Hossie, Aline France Etokabeka, Christelle Ondongo et Bernida Sitou. Leur présence compose une chronologie sensible.

    Au-delà des noms, l’exposition raconte un engagement pour l’information, dans des contextes qui ont évolué. Elle rappelle que le journalisme se fabrique aussi dans l’ombre des rédactions, dans la persévérance quotidienne, et dans des choix professionnels qui, parfois, engagent une manière d’être au monde.

    Ce qu’il faut retenir : femmes journalistes, héritage et transmission

    Le projet met en avant l’apport des femmes à l’histoire médiatique congolaise et invite à relire le passé avec plus de nuances.

    L’exposition et le documentaire élargissent la mémoire du journalisme, des premières publications aux transformations liées aux technologies récentes.

    L’Ufemco porte un plaidoyer pour préserver les archives et réhabiliter un lieu symbolique, l’ancien bâtiment de la télévision nationale.

    Paroles d’Ufemco : une identité nationale façonnée aussi en rédaction

    Pour la secrétaire générale de l’Ufemco, Gloria Imelda Lossele, l’enjeu dépasse la célébration. Elle relie le travail journalistique à une construction plus vaste, celle de l’identité nationale. « Nous avons voulu non seulement raconter l’histoire mais rendre hommage et mettre en lumière ces femmes des médias… », a-t-elle déclaré lors de l’événement.

    Dans sa formulation, l’accent est mis sur la continuité entre pionnières et contemporaines. Les femmes, explique-t-elle, « ont ouvert des voies, brisé des silences et porté la parole publique avec courage et professionnalisme ». Une phrase qui, au-delà du symbolique, renvoie à des pratiques, des responsabilités, et des exigences.

    L’idée de transmission revient comme un motif central. Inscrire ces visages dans la mémoire collective, selon l’Ufemco, aide les nouvelles générations à situer leurs repères. L’événement parle ainsi autant aux étudiants et jeunes journalistes qu’aux acteurs déjà installés dans le paysage médiatique.

    Documentaire : l’histoire du journalisme congolais en perspective

    En complément, un film documentaire est venu prolonger l’exposition. Il propose une lecture historique du journalisme national, des premières publications écrites aux transmissions radiotélévisées, jusqu’aux transformations plus récentes liées à l’avènement des nouvelles technologies.

    Le documentaire s’appuie sur des images d’archives, des témoignages de journalistes chevronnés et des analyses rétrospectives. Il met en lumière les contextes politiques, sociaux et culturels qui ont façonné la presse congolaise, en rappelant que les médias évoluent toujours avec leur époque.

    Le film retrace l’essor du journalisme congolais, tout en évoquant des défis structurels cités par ses intervenants. Les questions de liberté de la presse, de professionnalisation et d’éthique apparaissent comme des thèmes récurrents, traités à travers le prisme des parcours et des transformations du secteur.

    Encadré contexte : l’enjeu stratégique des archives audiovisuelles

    La soirée a aussi servi de rappel : la mémoire médiatique repose sur des archives fragiles. L’Ufemco insiste sur la nécessité de mieux protéger les fonds existants, notamment ceux liés à l’histoire radiotélévisée. Dans un pays où l’image a accompagné les grands moments publics, l’archivage est un chantier sensible.

    Le plaidoyer évoqué vise la réhabilitation de l’ancien bâtiment de la télévision nationale, décrit comme vétuste mais doté d’une forte valeur symbolique. Pour l’Ufemco, ce lieu renferme des images fondatrices et des récits visuels de la mémoire nationale, qu’il serait risqué de laisser se dégrader.

    Le point juridique/éco : réhabiliter, préserver, valoriser

    La proposition de réhabilitation porte une logique de patrimoine autant que d’utilité. Restaurer un bâtiment peut permettre de sécuriser des supports, d’organiser des dépôts, et de structurer une conservation sur la durée, à condition d’y associer des procédures, des compétences et une gouvernance claire.

    Dans la perspective défendue par Gloria Imelda Lossele, rénover l’ancien site reviendrait à « lui redonner vie » : en faire un centre de mémoire des médias congolais, un espace de transmission et de formation. Au plan économique, un tel projet peut aussi générer des activités autour de la documentation, de la formation et de la diffusion.

    Scénarios : centre de mémoire, formation, inspiration des jeunes

    Premier scénario, celui d’un centre de mémoire ouvert au public, articulant exposition permanente et consultation encadrée d’archives. Il renforcerait l’accès à l’histoire médiatique et donnerait aux chercheurs et étudiants une matière de travail structurée, en lien avec les professionnels du secteur.

    Deuxième scénario, une vocation plus pédagogique : ateliers, programmes de formation, et rencontres intergénérationnelles. Le lieu deviendrait alors un relais pour les jeunes aspirant aux métiers de la presse, avec une dimension d’inspiration et de transmission, conforme à l’esprit de l’événement porté par l’Ufemco.

    Et après ? une mémoire partagée pour un journalisme valorisé

    En retraçant le parcours d’hommes et de femmes ayant marqué la presse congolaise, des premières heures de l’indépendance jusqu’à aujourd’hui, l’Ufemco réaffirme son engagement pour la valorisation du journalisme. L’initiative souligne aussi la place des femmes dans cette trajectoire.

    Le pari est que la mémoire, bien conservée et mieux racontée, renforce la confiance dans le métier et nourrit l’exigence professionnelle. À Brazzaville, ces images et ce film n’ont pas seulement rappelé un passé : ils ont esquissé un horizon, celui d’une histoire médiatique pleinement partagée.

    Cartes et graphiques sourcés : des repères à consolider

    À ce stade, l’événement met surtout à disposition des images et des témoignages. La production de cartes et graphiques sourcés sur l’évolution du paysage médiatique, les générations de professionnelles, ou la chronologie des supports, apparaît comme une piste de travail possible à partir des matériaux évoqués (Ufemco, 17 janvier, Brazzaville).

    De même, une documentation visuelle enrichie par des légendes normalisées et des dates précises renforcerait l’usage pédagogique des contenus. Les organisateurs insistent, en filigrane, sur un besoin : passer de l’hommage ponctuel à une conservation structurée et durable.

    Photos légendées : des visages, une histoire nationale

    Les portraits présentés rappellent que l’histoire du journalisme ne se résume pas aux titres de publications ou aux technologies. Elle est d’abord faite de personnes, de voix et de gestes professionnels. La présence de figures comme Félicité Safou-Safouesse ou Marie-Jeanne Kouloumbou donne un visage à cette continuité.

    Pour les visiteurs, la force de l’exposition tient à cette simplicité : des photos, des noms, et la conscience qu’un héritage se transmet. L’Ufemco place ainsi les femmes journalistes au cœur du récit national, sans polémique, et avec une ambition de mémoire et de reconnaissance.

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