Ce qu’il faut retenir
Dans un contexte de renforcement de la diplomatie économique congolaise, Deve Maboungou, fondateur du cabinet Noeîn & Cie, prend les commandes de l’Intelligence économique et des Stratégies d’Influence au sein du Comité consultatif international de la CDECO pour dynamiser le positionnement international du Congo-Brazzaville.
Contexte régional et économique
La CDECO se présente comme un carrefour d’expertise voué à accompagner les priorités de développement du Congo-Brazzaville. Son Comité consultatif international fédère des profils chevronnés afin d’éclairer les arbitrages publics et privés, notamment sur les questions d’ouverture de marchés et de sécurisation des partenariats.
L’arrivée d’un spécialiste aguerri en intelligence économique traduit la volonté de mieux anticiper les informations stratégiques, tout en consolidant des alliances régionales et internationales. L’enjeu, confirment des observateurs de la place de Brazzaville, est de transformer la data en levier concret de compétitivité.
Parcours d’un stratège de l’influence
Avant de rejoindre la CDECO, Deve Maboungou a dirigé la Maison de l’Afrique, vitrine des économies africaines à Paris. Fort de plus de quinze années de pratique, il conjugue intelligence économique, relations internationales et gestion des risques pour servir les intérêts du Congo.
Sa nomination en août dernier comme représentant Ow’Isaza du Royaume ougandais de Bunyoro-Kitara auprès de la République française illustre sa capacité à naviguer dans des sphères d’influence multiples. Cette reconnaissance royale conforte son réseau transcontinental utile aux futures missions.
Les enjeux de l’intelligence économique congolaise
L’intelligence économique consiste à collecter, analyser et protéger l’information stratégique. Appliquée au Congo-Brazzaville, elle vise à cartographier les opportunités sectorielles, détecter les signaux faibles et sécuriser les projets, du pétrole aux télécoms, en passant par l’agro-industrie.
Deve Maboungou devra intégrer cette démarche aux axes de diplomatie économique portés par la CDECO. L’objectif annoncé est de renforcer la visibilité du Congo sur les places financières, tout en créant un climat de confiance propice aux investisseurs.
Cette approche rejoint la stratégie nationale de diversification économique, où la maîtrise de l’information constitue un actif décisif. Selon des sources proches du dossier, l’accent sera mis sur la structuration de réseaux fiables et la sécurisation de partenariats industriels sensibles.
Synergies CDECO et diplomatie économique
Le Comité consultatif international de la CDECO agit comme une plateforme d’échange entre décideurs publics et privés. L’arrivée de Deve Maboungou accroît sa capacité à analyser les risques géopolitiques, essentiels à la signature d’accords commerciaux équilibrés.
En pratique, l’intelligence économique nourrit la veille diplomatique, tandis que les réseaux d’influence facilitent l’accès aux débouchés. Cette complémentarité doit permettre à la CDECO d’anticiper les besoins des bailleurs, de détecter des financements et de protéger les actifs congolais.
Pour Deve Maboungou, il s’agit de « rendre tangible la valeur de l’information » afin de positionner Brazzaville comme un interlocuteur fiable et innovant. Cette ligne directrice, confirment ses proches, guidera les futures feuilles de route adressées aux ministères et aux entreprises.
Le point éco
Selon des analystes financiers basés à Pointe-Noire, la réussite d’une stratégie d’influence se mesure aussi à l’impact sur les comptes extérieurs. Si la CDECO attire de nouveaux partenariats, elle pourrait contribuer à diversifier les recettes hors hydrocarbures et à stabiliser la balance des paiements.
Scénarios
Trois scénarios se dégagent, confie un membre du Comité. Dans le plus optimiste, l’intelligence économique irrigue rapidement les politiques sectorielles et stimule la croissance. Dans un scénario médian, les résultats sont progressifs. Le scénario prudent suppose un apprentissage plus long, mais des fondations solides.
Un réseau international en construction
Le rôle d’Ow’Isaza qu’il occupe auprès du Royaume de Bunyoro-Kitara élargit son spectre d’action. Ce pont culturel et diplomatique entre le Congo, la France et l’Ouganda offre un terrain fertile pour tisser des partenariats Sud-Sud et Sud-Nord.
Par le passé, en dirigeant la Maison de l’Afrique, il a démontré sa capacité à valoriser les économies africaines sous un angle narratif positif. Cette expertise de storytelling devrait renforcer l’image d’un Congo confiant, ouvert aux coopérations et soucieux de protéger ses intérêts.
Le point juridique
La CDECO entend également adapter son dispositif aux normes internationales de conformité. Les équipes de Deve Maboungou planchent sur des protocoles visant à protéger la propriété intellectuelle, prévenir la corruption et sécuriser les flux de données, facteurs devenus essentiels dans toute négociation transfrontalière.
Et après ?
Les premiers mois seront consacrés à l’audit des dispositifs d’information existants et à la cartographie des parties prenantes. Une fois ce diagnostic posé, un plan d’action précis visera à synchroniser les ministères, les entreprises locales et les représentations diplomatiques.
Au-delà des indicateurs macroéconomiques, le succès de la mission sera jaugé à l’aune de la perception du Congo par ses partenaires. Un storytelling cohérent, appuyé sur des informations fiables, pourrait devenir le meilleur ambassadeur de l’ambition congolaise sur les scènes régionales et mondiales.
