Ce qu’il faut retenir
Réunis le 20 décembre à la Maison de la Vie Associative et Citoyenne de Paris-18, les membres de l’association Les Amis de la République centrafricaine ont tenu une assemblée générale extraordinaire ponctuée de deux conférences sur démocratie et corruption, juste une semaine avant les scrutins centrafricains.
ARC, une voix de la diaspora centrafricaine
Au-delà des obligations statutaires, le président Maître Michel Langa, avocat à la Cour, a voulu faire de cette rencontre une “Journée centrafricaine” ouverte aux sympathisants. Dès quatorze heures, la salle, empreinte de sobriété citoyenne, s’est remplie d’une assistance mêlant militants, universitaires et curieux.
Le calendrier n’était pas anodin : dans sept jours, les Centrafricains étaient appelés aux urnes pour les élections générales du 28 décembre. Ce compte à rebours conférait aux discussions une résonance particulière, chaque intervention mesurant les enjeux démocratiques en cours à Bangui.
Une assemblée sous le signe des urnes
Après l’adoption de l’ordre du jour et la validation des rapports d’activité, l’assemblée a procédé à un échange sur les projets humanitaires portés par l’ARC. Les intervenants ont souligné l’attachement de la structure à un soutien concret des populations centrafricaines, tant à Bangui qu’au sein de la diaspora.
Démocraties francophones: regards croisés
La première conférence, animée par le député béninois Victor Prudent Topanou, portait le titre évocateur “Les débats francophones actuels : une réflexion sur les démocraties en Afrique francophone”. Le juriste a planté le décor en rappelant la diversité des trajectoires institutionnelles au sud du Sahara.
Selon lui, la qualité du débat public reste le baromètre des transitions. Il a invité l’auditoire à comparer, sans concession, les mécanismes constitutionnels francophones et à interroger le rôle des parlements dans la consolidation d’un État de droit vivant.
Les échanges qui ont suivi se sont révélés interactifs, chaque participant liant son expérience aux observations du député. Des voix de la société civile ont insisté sur l’importance des formations citoyennes et sur la vigilance requise face aux crises de confiance jalonnant les processus électoraux.
Corruption et gouvernance en débat
La seconde intervention a mis à l’honneur l’économiste Julien Briot-Hadar autour du thème “Corruption, État et légitimité politique en Afrique de l’Ouest francophone”. Devant une assistance attentive, il a posé le diagnostic d’une corruption structurelle pouvant fragiliser les institutions et ralentir toute dynamique de développement.
L’expert a souligné que la perte de confiance naît d’abord d’un détournement des ressources symboliques de l’État. Ainsi, lutter contre la corruption implique de restaurer la crédibilité des administrations et de renforcer les mécanismes de redevabilité, condition préalable à l’émergence d’une gouvernance équilibrée.
Les interventions de la salle ont étoffé le propos. Des participants ont souligné la nécessité de créer des passerelles entre économistes, juristes et associations pour transformer les analyses en actions tangibles, tant sur le terrain centrafricain que dans les communautés de l’exil.
Le moment solidaire du dîner caritatif
En fin de journée, un dîner caritatif a été organisé au profit des actions de l’ARC. Autour de plats traditionnels, convives et bénévoles ont poursuivi les discussions dans une atmosphère de solidarité, scellant la promesse de soutenir la République centrafricaine au-delà des clivages politiques.
Mobilisation et point juridique/éco
Pour la diaspora, cette assemblée a servi de plateforme d’écoute et de coordination. Maître Langa a rappelé que l’association s’appuie sur les compétences de ses membres pour alimenter des projets de santé, d’éducation ou de logistique humanitaire destinés aux régions les plus vulnérables du pays.
Le point juridique souligné par le président a mis l’accent sur la nécessité, pour toute organisation de la diaspora, de respecter les cadres légaux français et centrafricain. Sur le volet économique, le trésorier a réaffirmé la priorité donnée à une gestion transparente des fonds collectés.
Scénarios post-scrutin centrafricain
À l’approche du scrutin, plusieurs scénarios ont été évoqués. Tous s’accordent pour estimer que le verdict des urnes devra être accueilli avec maturité et que l’engagement citoyen reste la clef d’une stabilisation durable.
Et après ? Les chantiers de l’ARC
Dans le sillage de cette assemblée, le bureau de l’ARC prévoit de diffuser une synthèse des débats et de multiplier les initiatives d’information en direction des jeunes électeurs. L’objectif déclaré est de maintenir un dialogue permanent entre les diasporas et les forces vives du pays.
La Journée centrafricaine de Paris a ainsi conjugué devoir statutaire, réflexion intellectuelle et solidarité. En attendant les résultats du 28 décembre, l’ARC entend capitaliser sur cette dynamique pour prolonger son action, convaincue que chaque voix citoyenne compte dans la construction du destin centrafricain.
Contexte logistique de la journée
Un responsable logistique a précisé que la Maison de la Vie Associative avait été choisie pour sa vocation citoyenne, symbole d’une participation locale à un élan transnational. L’espace modulable a facilité la succession des débats tout en respectant les exigences sanitaires.
Un souffle d’optimisme chez les jeunes
Au sortir de la réunion, plusieurs jeunes participants ont confié ressentir un regain de confiance. Pour eux, la possibilité de débattre librement à Paris ouvre la voie à une participation future, qu’elle soit électorale ou associative, dans leur pays d’origine.
