Ce qu’il faut retenir
À Brazzaville, 120 enfants orphelins ont partagé un repas de Noël organisé par l’Ambassade de l’Ordre Souverain de Saint-Jean de Jérusalem, Chevaliers de Malte – KMFAP. L’initiative, portée par Lady Marie Mélanie Wandji Djomo, ouvre son mandat sous le signe de la solidarité.
La cérémonie, saluée par l’Ambassadeur du Cameroun et plusieurs chancelleries, s’inscrit dans la stratégie régionale de l’Ordre qui mise sur la santé, l’éducation et la résilience. Elle intervient dans un climat de paix que Lady Wandji Djomo attribue à la gouvernance du président Denis Sassou N’Guesso.
Une fête solidaire pour 120 orphelins
Dans un décor paré de guirlandes, les enfants venus de trois orphelinats ont savouré poulets rôtis, jus de fruit et gâteaux. Chaque invité a reçu un paquet-cadeau personnalisé, complété par un mot d’encouragement rédigé, selon l’équipe KMFAP, pour « semer la confiance ».
Des témoignages poignants ont rythmé l’après-midi. « Je n’ai plus mes parents, mais j’ai trouvé une famille ici », a livré un adolescent, voix tremblante. Une fillette a évoqué « une première vraie fête ». Les applaudissements nourris ont rappelé la charge émotionnelle de cette parenthèse festive.
Sylvie Biyela, qui dirige l’orphelinat Yamba Ngai, souligne l’impact psychologique de ces gestes. Les dons, assure-t-elle, « montrent aux enfants qu’ils comptent ». Pour les éducateurs, ce soutien ponctuel complète les efforts quotidiens, souvent fragilisés par des ressources limitées, notamment en alimentation et en matériel scolaire.
Renforcer le lien social à Brazzaville
Soucieux de renforcer le tissu social, KMFAP entend multiplier les actions communautaires. Lady Wandji Djomo parle d’un « effet domino » : créer des moments de partage pour rappeler l’interdépendance entre partenaires diplomatiques, organisations philanthropiques et structures d’accueil locales, toutes moteurs d’un bien-être durable pour la jeunesse.
Le choix de Brazzaville n’est pas anodin. La capitale congolaise concentre la majorité des centres d’accueil, conséquence d’une urbanisation rapide. Les autorités municipales comptent sur les ONG pour soutenir la prise en charge des orphelins et soulager des budgets publics déjà sollicités.
Dans ce contexte, la stabilité politique constitue un avantage compétitif. Plusieurs diplomates présents ont jugé que la paix, consolidée depuis près de deux décennies, encourage la philanthropie internationale. « Les bailleurs veulent un environnement prévisible », glisse un conseiller, confiant dans la capacité d’attraction du Congo.
Contexte humanitaire et diplomatique
Fondé sur une tradition chevaleresque, l’Ordre KMFAP opère en Afrique centrale depuis 1994. Il bénéficie d’un statut reconnu en droit international, similaire à celui d’un micro-État. Ses missions humanitaires s’appuient sur FEMERAID International pour le secours médical et MALTA CROSS International pour le financement.
En Guinée équatoriale puis au Cameroun, KMFAP a déjà équipé des dispensaires et soutenu des campagnes de vaccination. L’installation d’une représentation à Brazzaville ouvre une nouvelle étape, marquée par une coopération formalisée avec les ministères congolais de la Santé et des Affaires sociales.
La présence de l’Ambassadeur du Cameroun à la cérémonie illustre les passerelles régionales. La CEMAC encourage des synergies humanitaires transfrontalières pour atteindre les Objectifs de développement durable. Brazzaville se voit ainsi positionnée comme un hub diplomatique pour les initiatives à vocation sociale.
Scénarios d’impact pour 2024
Les projections internes de KMFAP tablent sur une couverture de 1 000 enfants vulnérables d’ici fin 2024, via des cliniques mobiles et des bourses scolaires. Si les engagements budgétaires des partenaires se maintiennent, l’ordre pourrait étendre son programme agricole pilote aux potagers pédagogiques des orphelinats.
Un scénario optimiste verrait la duplication du modèle à Pointe-Noire, appuyé par les entreprises portuaires. Un scénario prudent se limiterait à consolider Brazzaville, faute de cofinancements. Un tableau de bord mensuel, bientôt publié en open data, permettra de suivre l’évolution des indicateurs d’impact.
Le point juridique/éco
Sur le plan normatif, la loi congolaise reconnaît le mécénat d’entreprise et offre des abattements fiscaux allant jusqu’à 50 % des montants engagés. KMFAP explore ces dispositions pour mobiliser le secteur privé, en particulier la chaîne logistique pétrolière, désireuse d’améliorer sa responsabilité sociétale.
Économiquement, l’approche s’inscrit dans la logique de diversification prônée par les autorités. Chaque franc injecté dans le social génère selon le ministère des Finances 1,8 franc d’activité locale, du traiteur aux fournisseurs de fournitures scolaires. Un graphique interactif détaillera prochainement ces multiplicateurs.
Et après ?
À court terme, l’équipe de Lady Wandji Djomo planifie une mission médicale conjointe avec FEMERAID pour dépister la malnutrition dans les orphelinats partenaires. Les données récoltées orienteront le calibrage des futurs repas et déploieront des ateliers nutritionnels auprès des éducateurs.
Un atelier « Voix des enfants » est également en préparation, avec des psychologues et des artistes locaux. L’objectif est de documenter les besoins psychoaffectifs, souvent invisibles, et de produire une exposition itinérante. Cette démarche entend donner la parole aux jeunes bénéficiaires eux-mêmes.
Enfin, l’Ambassade KMFAP compte organiser un forum sur la philanthropie régionale, rassemblant bailleurs et startups sociales. Brazzaville espère ainsi devenir un laboratoire de bonnes pratiques, capitalisant sur son image de stabilité pour attirer des capitaux à la fois socialement utiles et économiquement viables.
