Ce qu’il faut retenir sur l’or et la guerre au Soudan
Du Darfour à la mer Rouge, l’or apparaît comme une monnaie d’échange centrale entre acteurs armés et soutiens extérieurs. Les flux de métal, d’armes et de combattants dessinent une géographie qui dépasse largement le Soudan et touche la Corne de l’Afrique et le Yémen.
El Fasher: une chute au cœur d’un basculement
Le 26 octobre 2025, les Rapid Support Forces (RSF) prennent El Fasher après 18 mois de siège. Capitale du Nord-Darfour, la ville concentrait un rôle économique et humanitaire majeur, décrite comme dernier point d’accès pour l’ONU avant sa chute, selon le texte source.
Des témoignages évoquent des exactions et des crimes de masse à caractère ethnique. Le texte indique que des vidéos filmées par des miliciens RSF eux-mêmes sont citées comme éléments corroborants. Les faits, difficiles à documenter en temps de guerre, nourrissent une bataille des récits.
Contexte: d’une rivalité militaire à la guerre ouverte
Le conflit démarre le 15 avril 2023, opposant les RSF aux Sudan Armed Forces (SAF) pour le contrôle politique et militaire. Les RSF sont menées par Mohamed Hamdan Dogolo, dit « Hemedti ». Les SAF répondent au général Abdel Fattah al-Burhan, à la tête de l’armée régulière.
Le texte rappelle que les deux généraux ont été alliés dans une phase antérieure, avant que leur rivalité n’alimente des craintes de partition est-ouest. Dans cette configuration, l’économie de guerre devient un levier d’autonomie et un outil d’endurance.
Hemedti, Darfour et l’économie aurifère des RSF
Originaire du Darfour, Hemedti est présenté comme ayant bâti un empire autour des mines d’or de la région. Il fédère des groupes Janjawid, initialement armés sous Omar el-Béchir pour combattre une rébellion au Darfour, selon le texte source.
En 2009, Hemedti crée Al Junaid, décrit comme noyau économique de son système. En 2013, les Janjawid sont intégrés à l’architecture sécuritaire et deviennent les RSF, tandis qu’Al Junaid est présenté comme le bras économique.
Le point juridique: CPI et qualifications des crimes
Le texte attribue à la Cour pénale internationale des qualifications lourdes concernant les Janjawid: crimes contre l’humanité, crimes de guerre et génocide. Il mentionne aussi la condamnation d’Ali Muhammad Ali Abd-Al-Rahman, dit Ali Kosheib, en octobre 2025.
Des rapports de l’ONU, cités dans l’article source, documentent des violences de masse, dont viols, destructions de villages, pillages et déplacements forcés. Ces éléments s’inscrivent dans un contentieux judiciaire international qui pèse sur les acteurs locaux.
Russie, Wagner et mines d’or: une alliance d’intérêts
Après la prise de Jebel Amer en 2017, zone décrite comme extrêmement riche en or, les RSF gagnent en autonomie. Le texte indique que cette phase coïncide avec un appui de feu Evgeni Prigojine, alors à la tête de la société militaire privée Wagner.
Le rapprochement est expliqué par des intérêts communs autour de l’or, des armes et des mercenaires, et par la géographie du Darfour, frontalier de la République centrafricaine. L’article source rappelle que Wagner y devient, depuis 2017, la garde prétorienne du président Faustin-Archange Touadéra.
Intermédiaire russe: Meroe Gold et le jeu d’influence
Au Soudan, Wagner s’appuie sur Mikhail Potepkine, dirigeant de Meroe Gold, filiale de M Invest. Selon le texte, Potepkine nie ses liens avec Prigojine, mais il aurait représenté M Invest en 2017 lors d’une réunion impliquant Dmitri Medvedev et Omar el-Béchir.
Le texte mentionne aussi des proximités idéologiques alléguées, et son nom apparaît dans des récits d’ingérence liés à l’élection américaine de 2016. Dans cette lecture, Potepkine agit comme lobbyiste et influenceur politique sur plusieurs terrains, dont Soudan et Éthiopie.
Or et logistique: de Khartoum à Port-Soudan
L’extraction aurifère est au cœur de l’activité de Meroe Gold, dont un centre est situé à al-Ibaidiya, dans le Nile River State, à l’est du Soudan, hors du contrôle direct attribué à Hemedti. Le texte décrit une répartition de zones d’exploitation pour éviter la concurrence.
Des avions russes chargés d’or sont dits observés au départ de Khartoum ou Port-Soudan vers la Russie, pour financer la préparation de la guerre en Ukraine puis l’effort de guerre. Le 24 février 2022, Hemedti est indiqué à Moscou, dans un voyage organisé par Wagner.
Après Prigojine: Africa Corps et recompositions
Le 23 août 2023, Evgeni Prigojine disparaît dans un accident d’avion, selon le texte. Le Kremlin reprend ensuite largement les activités de Wagner, rebaptisées Africa Corps, et l’article source indique un basculement: la Russie se détournerait de Hemedti au profit d’Al-Burhan.
Émirats arabes unis: l’or comme pivot des échanges
Le texte insiste sur un soutien émirati à Hemedti et aux RSF. L’or d’Al Junaid serait envoyé à Dubaï, plus précisément à Sharjah, vers la raffinerie Kaloti, groupe fondé en 1988 par Munir Ragheb Mousa Al Kaloti, et structuré autour de plusieurs entreprises liées aux métaux précieux.
Le texte décrit une régulation jugée lâche à Dubaï, avec la possibilité de transporter de l’or brut en bagage à main, sans taxe. De l’or artisanal ou issu de trafics serait aussi collecté au souk de Dubaï avant d’être drainé vers Kaloti.
Suisse et certification: le rôle de Valcambi
Selon le texte, l’or centralisé par Kaloti est ensuite expédié en Suisse, notamment chez Valcambi. La Suisse est décrite comme une plaque tournante mondiale du raffinage et du trading d’or. Valcambi, enregistrée à la London Bullion Market Association, peut certifier l’or, ce que Kaloti ne peut pas faire.
Le texte soutient qu’en contrepartie de l’or, les Émirats « inondent » les RSF d’armes et de matériel, et que des mercenaires s’échangent selon les besoins. Ces échanges constituent une infrastructure de guerre autant qu’un marché transnational.
Yémen: contrats, mercenaires et base d’Assab
À partir de 2014, les Émirats et l’Arabie saoudite mènent une coalition contre les Houthis. Le texte évoque des contrats liant la firme canadienne Dickens and Madsen, Khalifa Haftar et Hemedti, avec Ari Ben-Menashe à la manœuvre, personnage décrit comme controversé et au parcours disputé.
Ces contrats prévoient l’envoi de mercenaires libyens et soudanais au Yémen via Assab, en Érythrée. En échange, Ben-Menashe s’engage à négocier des livraisons d’armes et de blé « à haute teneur en protéines ». Le texte note une forme d’entente entre réseaux russes et émiratis.
Socotra: l’archipel au croisement Golfe-Corne
En 2017, les Émirats soutiennent le Conseil de Transition du Sud (STC), mouvement sécessionniste yéménite, tandis que l’Arabie saoudite soutient le gouvernement yéménite et le PLC basé à Aden. Le texte souligne un Yémen fragmenté entre trois forces soutenues par Riyad, Abu Dhabi et Téhéran.
En 2020, les Émirats prennent Socotra pour le compte du STC, selon le texte, avec l’appui de mercenaires soudanais et érythréens négociés par Dickens & Madsen. La base d’Assab aurait servi de hub jusqu’en 2021, avant un relais par des ports du Somaliland et du Puntland.
Scénarios: Bosaso, mercenaires et accusations documentées
Le port de Bosaso est décrit comme un nœud logistique entre les Émirats et les RSF, comme documenté par Middle East Eye, selon le texte source. Des mercenaires colombiens auraient été fournis par les Émirats aux RSF et auraient contribué à la prise d’El Fasher.
Le texte cite une lettre datée du 5 septembre 2025, adressée au Conseil de sécurité de l’ONU par le représentant permanent du Soudan, Al-Harith Idriss Al-Harith Mohamed. Cette lettre documenterait la présence de mercenaires et affirmerait, photos à l’appui, des formations d’enfants soldats dans des camps au Darfour.
Et après ?: plateformes logistiques et désescalade à Socotra
En novembre 2025, le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra sollicite Abu Dhabi pour régler des dettes auprès d’Africa Corps, en échange d’une plateforme logistique destinée, selon le texte, à faciliter le soutien émirati aux RSF au Darfour.
Le 30 décembre 2025, l’Arabie saoudite mène des frappes dans le sud du Yémen détruisant des cargaisons d’armes destinées au STC, selon le texte. Les Émirats conviennent alors de se retirer de Socotra afin d’éviter l’escalade, avec l’hypothèse d’un repli sur le Somaliland.
Graphique (description) : la chaîne de valeur de l’or
Schéma de flux décrit par l’article source: extraction au Darfour via Al Junaid, acheminement vers Sharjah/Dubaï (Kaloti), expédition vers la Suisse (Valcambi) pour certification LBMA, puis entrée possible dans des circuits financiers officiels. Sources: texte fourni, FARA/DoJ cité dans la légende d’un document, et mentions Valcambi/Kaloti.
Carte (description) : routes Darfour-mer Rouge-Socotra
Carte narrative: Darfour et El Fasher, frontière avec la RCA, liaisons vers Khartoum et Port-Soudan, mer Rouge, Assab en Érythrée, Bosaso au Puntland, puis Socotra au sud du Yémen. Source de localisation de Socotra: carte Google Earth mentionnée dans le texte.
Photo (légende) : un contrat et une lettre à l’ONU
L’article source mentionne une image d’un contrat signé entre Ben-Menashe (Dickens and Madsen) et Hemedti, attribuée à FARA (ministère américain de la Justice), ainsi qu’une capture d’une lettre au Conseil de sécurité de l’ONU datée du 5 septembre 2025. Les documents servent d’indices sur l’architecture des réseaux.
