Annonce à Brazzaville : un signal fort
Brazzaville a retenu son souffle le 13 décembre, lorsque Uphrem Dave Mafoula, chef des Souverainistes, a officialisé sa participation à la présidentielle de mars 2026, devant un parterre de militants rassemblés au centre-ville.
Ce qu’il faut retenir : le candidat d’opposition promet un « Nouveau Départ » articulé autour de justice sociale, transparence et réconciliation nationale, tout en reconnaissant les acquis institutionnels engrangés ces dernières années.
L’ancien prétendant de 2021 insiste sur le fait qu’il ne représente pas seulement sa formation, mais « des milliers de Congolais » désireux de voir « leur jeunesse libérée des chaînes de la misère », selon ses propres termes.
En rappelant que le scrutin n’est pas un simple rendez-vous institutionnel, il décrit 2026 comme un jalon décisif destiné à consacrer la « renaissance » d’un pays qu’il présente comme riche de potentiels inexploités.
Programme : justice, vérité, renaissance
Son discours décline trois axes : une justice indépendante, une vérité historique assumée et une renaissance économique soutenue par l’entrepreneuriat local, tout en préservant l’unité nationale chère aux institutions de la République.
Il envisage une réforme constitutionnelle « mieux adaptée aux enjeux contemporains », sans remettre en cause les équilibres fondamentaux qui assurent la stabilité du pays depuis plus de deux décennies.
Sur le terrain économique, Dave Mafoula promet une redistribution plus équitable des richesses, passant par une meilleure gouvernance budgétaire et la valorisation de secteurs tels que l’agro-industrie, les services numériques et la filière forêt-bois.
« Le Congo n’est pas condamné », répète-t-il, évoquant un contrat social renouvelé où l’État garantirait sécurité des investissements et inclusion des jeunes, tout en coopérant étroitement avec les partenaires régionaux et internationaux.
Calendrier électoral et cadre légal
La Commission électorale indépendante a déjà fixé le chronogramme préparatoire ; l’appel à candidatures devrait s’ouvrir fin 2025, conformément à la loi électorale actualisée en 2022 afin de renforcer la transparence du processus.
Plusieurs partis de la majorité présidentielle saluent cette mise à jour qui clarifie les délais des contentieux et modernise la logistique, notamment la biométrie, jugée déterminante pour consolider la confiance populaire.
Dans ce cadre, la candidature de Dave Mafoula s’inscrit comme un élément de pluralisme accueilli avec sérénité par l’administration, laquelle insiste sur la neutralité des forces de sécurité durant la campagne.
Le ministère de l’Intérieur rappelle enfin que le Fonds d’aide publique aux partis soutiendra toutes les formations remplissant les critères, garantissant un accès équitable aux médias d’État et aux salles de réunion.
Continuité institutionnelle valorisée
Au-delà de la compétition, nombre d’analystes soulignent la solidité des institutions congolaises, capables d’assurer la continuité de l’action publique tout en ouvrant la voie à des débats constructifs sur l’amélioration des politiques.
Le gouvernement a récemment renforcé le dialogue avec la société civile à travers des forums sectoriels consacrés à la jeunesse, à la santé et à l’innovation, fournissant une plateforme où l’opposition peut également formuler des propositions.
« La confrontation d’idées ne doit pas fragiliser l’ordre républicain », affirme un constitutionnaliste de l’Université Marien Ngouabi, rappelant que les réformes envisagées devront passer par le Parlement, élu en 2022 avec une participation record.
Dave Mafoula, pour sa part, assure qu’il collaborera avec les institutions existantes « dans le respect de la loyauté républicaine » et se dit favorable à une transition énergétique alignée sur la Stratégie nationale de développement durable.
Et après ? Scénarios pour 2026
À un peu plus de deux ans du scrutin, plusieurs scénarios circulent dans les cercles économiques : maintien d’un climat d’affaires stable, accélération des réformes ou refonte partielle de la gouvernance territoriale.
Le secteur privé, représenté par l’Union patronale et la Chambre de commerce, attend des clarifications sur la fiscalité et l’accès au crédit, tout en saluant les efforts récents visant à numériser les procédures douanières.
Les partenaires internationaux, de la Banque africaine de développement à la CEMAC, observent de près la préparation de la présidentielle, considérant la stabilité congolaise comme un pilier de la coopération régionale.
Pour les électeurs urbains, l’emploi et le pouvoir d’achat demeurent prioritaires, tandis que dans les zones rurales, l’accès aux infrastructures de base et la valorisation des filières agricoles occupent le devant de la scène.
Au-delà de la personnalité des candidats, la présidentielle 2026 servira de test pour mesurer l’efficacité des mécanismes institutionnels mis en place pour consolider l’État de droit et promouvoir la bonne gouvernance.
D’ici là, Dave Mafoula entend parcourir le pays afin de convaincre un électorat volatil, dans un climat politique que les observateurs décrivent comme apaisé et constructif, propice à un débat démocratique de qualité.
Les organisations de jeunesse, dont les Scouts du Congo et plusieurs incubateurs, préparent déjà des forums citoyens pour interroger chaque prétendant sur l’accès au numérique, la formation professionnelle et la participation au marché régional d’Afrique centrale.
De leur côté, les observateurs électoraux nationaux s’organisent pour déployer des équipes dans les 12 départements, misant sur des applications mobiles de collecte de données qui complèteront les dispositifs officiels de la Commission électorale.
