Ce qu’il faut retenir
Anicet Georges Dologuélé, ancien Premier ministre, a lancé une offensive numérique pour présenter « 25 engagements pour réparer une Centrafrique abîmée ». Le plan combine refondation institutionnelle, combat contre la corruption et relance économique fondée sur l’agriculture et les infrastructures, dans une campagne déjà très disputée.
Contexte
Le calendrier électoral prévoit une présidentielle fin 2025. Sur fond d’enjeux sécuritaires et sociaux, les prétendants accélèrent leur visibilité. Dans ce paysage mouvant, Dologuélé, arrivé deuxième en 2016, veut transformer son capital d’opposant modéré en offre crédible de gouvernance.
Un diagnostic sans concession
Dans une vidéo relayée sur Facebook et X, le candidat dresse un tableau sombre : administration « politisée », justice « aux ordres », hôpitaux « devenus des mouroirs » et jeunesse « sans repères ». Le ton direct vise à capter les frustrations populaires sans verser dans l’invective partisane.
Les 25 engagements en détail
Le document, encore synthétique, se lit comme une feuille de route progressive : redéployer les services publics, restaurer l’indépendance judiciaire, instaurer des procédures de passation des marchés transparentes et stimuler les filières agricoles vivrières et d’exportation pour créer de l’emploi rural durable.
Agriculture et infrastructures comme moteur
Considérant que « le pain et la route précèdent le vote », Dologuélé promet des programmes semenciers, des fermes-écoles et la réhabilitation d’axes routiers stratégiques afin de relier les bassins de production aux marchés urbains, limitant ainsi les surcoûts logistiques qui pèsent sur le panier de la ménagère.
Gouvernance et lutte anticorruption
L’ancien banquier prône la publication systématique des contrats publics, la déclaration de patrimoine des hauts fonctionnaires et la numérisation des paiements étatiques. « Nous refonderons l’État sur le mérite », insiste-t-il, espérant rassurer bailleurs et investisseurs qui réclament plus de prévisibilité réglementaire.
Santé et éducation relancées
Le programme s’engage à réhabiliter les blocs opératoires régionaux, doter chaque préfecture d’au moins un scanner fonctionnel et revaloriser la carrière enseignante. Selon lui, « investir dans l’éducation, c’est financer la paix ». Le volet social veut inverser l’exode scolaire et sanitaire vers le Cameroun.
Stratégie numérique de campagne
Dologuélé mise sur les data et le live streaming pour contourner les frais logistiques de meetings traditionnels. L’équipe digitale diffuse des infographies résumant chaque engagement et collecte, via des groupes WhatsApp, des doléances locales afin d’ajuster son offre électorale en temps réel.
Et après ? Le calendrier électoral
La Commission électorale devrait publier le fichier provisoire mi-2025. Entre-temps, le candidat prévoit une tournée dans les quatorze préfectures pour tester la réceptivité de ses propositions. Les alliances partisanes, encore fluides, pourraient redessiner le rapport de force dans les mois à venir.
