Auteur/autrice : Alexis Ndoke

Un resserrement aux allures de veille stratégique La Banque des États de l’Afrique centrale n’est pas coutumière des annonces tonitruantes. Pourtant, la circulaire signée le 18 juin 2025 par son gouverneur a immédiatement résonné comme un signal politique, scruté tant par les salles de marchés que par les chancelleries. Le texte, consacré aux transferts libellés en dollar vers des territoires extérieurs à la Cemac, actualise un dispositif datant de 2019 et poursuit un objectif clair : harmoniser le contrôle des capitaux tout en maintenant la crédibilité monétaire du franc CFA, socle de stabilité pour les six États membres, au premier…

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Une convergence d’intérêts stratégiques Au-delà des chiffres et des communiqués, la rencontre du 22 juillet entre le ministre congolais des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique, Léon Juste Ibombo, et l’ambassadeur d’Italie, Enrico Nunziata, acte d’abord une volonté politique réciproque. Brazzaville, soucieuse de diversifier ses leviers de croissance, voit dans l’économie numérique une source d’emplois non extractive et à forte valeur ajoutée. Rome, pour sa part, entend élargir son empreinte géopolitique sur le continent en promouvant une coopération fondée sur l’innovation. Les deux capitales s’inscrivent ainsi dans une logique gagnant-gagnant où le savoir-faire technologique italien rencontre la jeunesse et…

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Une signature à forte portée géoéconomique Bras levés et stylos suspendus, les dirigeants du Chemin de fer Congo-Océan (Cfco) et du groupe turc Ulsan Mining Congo ont donné le ton, le 18 juillet à Brazzaville, à une entente que les observateurs classent déjà parmi les jalons majeurs de la diplomatie économique congolaise. Évaluée à plus de 737 millions d’euros, la convention relative à la réhabilitation de la ligne Mayoko-Pointe-Noire concentre trois ambitions : résorber le goulet d’étranglement ferroviaire, sécuriser les exportations de minerai de fer et consolider la place du Congo comme hub logistique du Golfe de Guinée. « Ce…

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Un diagnostic régional nuancé Réunis le 30 juin 2025 au siège de Yaoundé, les membres du Comité de politique monétaire de la Banque des États de l’Afrique centrale ont dressé un tableau contrasté de l’activité. Sous la présidence d’Yvon Sana Bangui, le conclave a acté une révision de la croissance sous-régionale à 2,4 %, contre 2,9 % l’année précédente, principalement en raison d’un repli attendu de la production pétrolière. La décision intervient alors que la sous-région s’était habituée, depuis la crise sanitaire, à des taux supérieurs à la moyenne africaine, portés par l’énergie et les chantiers d’infrastructures. Les moteurs extérieurs…

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Un élan national au service des jeunes Le périple dédié à la promotion des petites et moyennes entreprises, initié par le ministère en charge des PME, a franchi une étape déterminante en inaugurant, à Dolisie, la séquence méridionale de la caravane de l’entrepreneuriat. Lancée en mars dernier sur le corridor Nord, l’initiative a déjà sensibilisé plus de huit mille concitoyens, confirmant selon la ministre Jacqueline Lydia Mikolo « l’appétence croissante de la jeunesse pour le risque calculé et la création de valeur ». Pour le gouvernement, il s’agit moins d’un exercice médiatique que d’un vecteur de diversification économique aligné sur…

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Un mouvement structurant pour la finance camerounaise En scellant, le 15 juillet, un accord avec Société Générale pour le rachat de 58,08 % du capital de sa principale filiale locale, Yaoundé entérine une recomposition majeure du paysage bancaire camerounais. À l’issue de l’opération, l’État détiendra 83,68 % de Société Générale Cameroun (SGC), confirmant ainsi son statut d’actionnaire de référence dans un établissement qui gère près de 20 % des dépôts du pays selon la Commission bancaire de l’Afrique centrale. S’il s’agit, pour le groupe français, d’un recentrage stratégique sur des marchés jugés plus rentables, c’est pour le Cameroun un pas…

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Un palier de mille milliards qui redessine les équilibres Les officiels réunis à Malabo ont vu s’afficher sur l’écran géant un chiffre aussi net que symbolique : 1 000 milliards de dollars de produit intérieur brut agrégé pour le Marché commun de l’Afrique orientale et australe. À l’échelle du continent, cette performance concentre près du tiers de la richesse créée, rappelant que le grand bassin qui s’étend de la mer Rouge au Zambèze assume désormais un rôle de locomotive régionale. L’énoncé, porté par le président burundais Évariste Ndayishimiye, présidant actuellement la conférence des chefs d’État du COMESA, a rapidement fait…

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Un coup de théâtre institutionnel salué avec prudence En déclarant nul et non avenu le concours de recrutement des agents d’encadrement supérieur de 2022, le Comité ministériel de l’Union monétaire de l’Afrique centrale a créé un électrochoc diplomatique dans la sous-région. Réunis le 12 juillet 2025 à Malabo sous la présidence du ministre équato-guinéen Ivan Bacale Ebe Molina, les grands argentiers des six États de la CEMAC ont adopté, à l’unanimité, une résolution qui marque la volonté politique de préserver à la fois la crédibilité de la Banque des États de l’Afrique centrale et la confiance des investisseurs. À Brazzaville,…

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Yaoundé entérine une pause monétaire stratégique Réunis par visioconférence autour du gouverneur Yvon Sana Bangui, les membres du Comité de politique monétaire de la BEAC ont préféré, le 30 juin 2025, sanctuariser le statu quo. Le taux d’intérêt des appels d’offres reste à 4,50 %, la facilité de prêt marginal à 6 %, tandis que la facilité de dépôt demeure symboliquement à 0 %. Les coefficients de réserves obligatoires, fixés à 7 % pour les exigibilités à vue et 4,50 % pour les exigibilités à terme, n’ont pas tremblé non plus. L’institution régionale, garante de l’orthodoxie monétaire des six États…

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Une conjoncture propice à la refonte économique Après deux années d’embellie sur les marchés des matières premières, le Gabon aborde 2025 avec une croissance revue à la hausse par le Fonds monétaire international, à 4,2 %. Ce frémissement conjoncturel a offert au ministère de l’Économie et des Finances l’occasion d’organiser, du 7 au 8 juillet, le Gabon Economic Forum. Dans les salons feutrés d’un grand hôtel de Libreville, hauts fonctionnaires, banquiers, patronat et représentants de la société civile ont examiné la trajectoire d’un pays encore dépendant de son pétrole, mais désireux d’écrire un nouveau chapitre fondé sur la valeur ajoutée…

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