Auteur/autrice : Alexis Ndoke
Vers une intégration énergétique continentale inédite Réunis à Addis-Abeba autour de la Commission de l’Union africaine, les délégués nationaux et les bailleurs de fonds ont confirmé que le Marché unique africain de l’électricité (AfSEM) n’est plus un simple slogan d’intégration mais une architecture en cours d’assemblage. Portée par la vision Agenda 2063 et soutenue par la Banque africaine de développement, l’initiative vise à relier, d’ici 2040, les 55 réseaux nationaux au sein d’un espace électrique sans frontières, capable de baisser les coûts de production et de sécuriser l’approvisionnement de près de 1,4 milliard d’habitants. « Les interconnexions s’étendent désormais du…
Une fenêtre de tir financière exploitée avec prudence À la faveur d’un climat monétaire sous-régional redevenu plus accommodant, le ministère camerounais des Finances a choisi le 30 juin 2025 pour solliciter le marché des titres publics de la Banque des États de l’Afrique centrale. La conjoncture offrait un spread relativement bas et un calendrier affranchi des fortes émissions habituelles de fin d’exercice, réduisant ainsi l’effet d’embouteillage. D’un montant de 200 milliards de FCFA – soit 351 millions de dollars américains – la souscription a affiché un taux de couverture dépassant 110 %, indice d’un appétit certain des opérateurs pour les…
Un décaissement à Kinshasa, une onde de choc maîtrisée sur le fleuve Congo Le 12 décembre, le Conseil d’administration du Fonds monétaire international a approuvé la première revue du programme triennal de la République démocratique du Congo, ouvrant la voie à un décaissement immédiat de 266,7 millions USD au titre de la Facilité élargie de crédit. Cet appui, présenté par la directrice générale adjointe Antoinette Sayeh comme « un signal de confiance envers les réformes congolaises », pourrait paraître anodin vues les dimensions continentales de la RDC. Pourtant, sur l’autre rive du fleuve, les autorités de la République du Congo…
Un premier trimestre entre performance relative et écart persistant Le Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme 2026-2028, support du prochain Débat d’orientation budgétaire, dresse un tableau contrasté de la trésorerie camerounaise. Sur des prévisions initiales de 1 834 milliards de FCFA, seuls 1 507 milliards ont effectivement été encaissés au 31 mars 2025. Le ratio d’exécution de 82 % paraît flatteur, mais il dissimule un manque à gagner de 326 milliards FCFA, soit près de 572 millions de dollars. À l’échelle d’une économie dont le PIB nominal tourne autour de 50 milliards de dollars, l’écart reste significatif…
Un horizon budgétaire ambitieux et les enjeux de la décennie Le document préparatoire au budget 2026, récemment dévoilé par le ministère des Finances camerounais, marque une inflexion notable dans la trajectoire de financement public. Yaoundé ambitionne de lever 650 milliards de FCFA – l’équivalent de 1,16 milliard USD – sur les marchés internationaux afin de soutenir des investissements structurants, principalement en infrastructures énergétiques, transport et digitalisation de l’administration. Cette enveloppe, supérieure de près de 30 % à la moyenne des emprunts extérieurs réalisés ces cinq dernières années, témoigne d’une confiance renouvelée dans la capacité du pays à attirer des capitaux…
Un contrat phare au cœur de la stratégie Vision 2030 En septembre 2018, la signature du contrat d’achat d’électricité entre Eneo, l’opérateur public-privé camerounais, et Nachtigal Hydro Power Company, entité largement portée par Électricité de France, avait été saluée comme l’une des pierres angulaires de la politique d’émergence fixée par la Vision 2030 du gouvernement. L’ouvrage de 420 MW, construit sur la Sanaga, ambitionne de fournir à terme près d’un tiers de la demande nationale. Au-delà du gain purement capacitaire, l’exécutif de Yaoundé mettait en avant la diminution du recours aux centrales thermiques et, partant, la réduction des subventions au…
Un signal financier qui dépasse le simple appui budgétaire L’annonce, formulée à Bangui par le conseiller financier pour l’Afrique auprès de la Direction générale du Trésor, Yves Charpentier, sonne comme un retour officiel de la France dans le champ économique centrafricain. Les 16,4 milliards de FCFA – soit un peu moins de 29 millions USD – constituent certes une goutte d’eau au regard des besoins d’infrastructures évalués par la Banque mondiale à plus de 800 millions USD pour la seule décennie à venir. Toutefois, pour un Trésor public fragilisé par la contraction des recettes douanières et l’érosion de la fiscalité…
Des indicateurs en progrès malgré les vents contraires Selon l’Institut national de la statistique, le produit intérieur brut réel du Cameroun a progressé de 1,6 % entre octobre et décembre 2024, portant la croissance annuelle à 3,5 %. Ce redressement intervient après un premier semestre grevé par l’inflation importée et par les répercussions des turbulences sécuritaires aux frontières septentrionales. Pour le directeur général de l’INS, Joseph Tedou, « la vigueur du quatrième trimestre prouve la capacité d’absorption de l’économie camerounaise face aux chocs exogènes ». En termes nominaux, la richesse créée dépasse désormais les 27 000 milliards de francs CFA,…
Dynamique des marchés pétroliers mondiaux La brusque montée des tensions entre la République islamique d’Iran et l’État d’Israël, ponctuée d’échanges de rhétorique offensive et de frappes ciblées par procuration, a ravivé la fébrilité habituelle des opérateurs sur les marchés à terme. Le baril de Brent a enregistré, début avril, une envolée de l’ordre de 17 %, avant de refluer sous l’effet des fondamentaux. Le ministre camerounais des Finances, Louis Paul Motaze, a toutefois rappelé que « les grandes installations de raffinage iraniennes n’ont pas été touchées, limitant le choc d’offre ». Cet élément rassurant, conjugué à la persistance de stocks…
Une stratégie d’expansion née d’un impératif de maturité En dépit d’un sous-sol généreusement doté – plus de deux milliards de barils de réserves prouvées –, le Gabon s’est heurté, ces dernières années, au déclin naturel de ses champs onshore et au tassement progressif de la production. Conscient des limites d’un modèle extractif arrivé à maturité, le nouveau ministre du Pétrole et du Gaz, Sosthène Nguema Nguema, a décidé d’orienter l’effort national vers les grands fonds marins. L’argument est aussi géologique que financier : 72 % des espaces offshore profonds demeurent vierges, tandis que la concurrence mondiale pour les capitaux n’a…
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