Auteur/autrice : Dieudonné Zingoumba
Une scène protocolaire révélatrice des ambitions tchadiennes Le 25 juin, les marbres immaculés du palais Toumaï ont de nouveau servi d’écrin à la projection internationale du Tchad. Entouré d’un détachement de la garde présidentielle au cérémonial millimétré, le général Mahamat Idriss Déby a reçu les lettres de créance de six diplomates représentant Djibouti, le Rwanda, l’Iran, le Venezuela, la Malaisie et le Portugal. Au-delà du rituel, l’événement atteste d’une diplomatie tchadienne en recomposition depuis la transition ouverte en 2021, déterminée à élargir la palette de ses partenaires et à consolider son rôle de pivot sécuritaire dans le Sahel. Dans un…
Luanda au cœur d’une géoéconomie convoitée Le ruban coupé au Centre de Conférences de Talatona devant une assemblée de chefs d’État, de ministres et de dirigeants du Fortune 500 a fait de Luanda la capitale éphémère de la géoéconomie transatlantique. Du 22 au 25 juin 2025, le 17e Sommet des Affaires États-Unis-Afrique, orchestré par le Corporate Council on Africa et le gouvernement angolais, a investi la ville d’une atmosphère de Bourse à ciel ouvert. Au-delà du protocole, l’affluence de 1 500 délégués – un record depuis la création du forum en 1997 – signale que, malgré les frictions commerciales héritées…
Un partenariat à l’épreuve de la réalité électorale Depuis 1996, l’Union Nationale pour la Démocratie et le Progrès occupe une place singulière dans l’architecture politique camerounaise : alliée officielle du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), elle a accepté de siéger dans des gouvernements successifs tout en revendiquant une identité propre. Cette coexistence, longtemps décrite comme « cohabitation vertueuse » par certains diplomates de la sous-région, se fissure aujourd’hui sous le poids du calendrier électoral. À l’approche de la présidentielle d’octobre 2025, les urgences de campagne rendent la logique d’alliance moins évidente qu’au lendemain des élections de 2018, où la…
Décryptage diplomatique d’une signature symbolique Le 27 juin 2025, dans un salon feutré du département d’État, Thérèse Kayikwamba Wagner et Olivier Nduhungirehe ont apposé leur paraphe sur un document présenté comme la pierre angulaire d’un apaisement entre la République démocratique du Congo et le Rwanda. Cette cérémonie, présidée par le secrétaire d’État Marco Rubio, tranche avec le format initialement imaginé à Luanda, où la signature devait réunir les chefs d’État. L’image d’une capitale fédérale américaine transformée, le temps d’une matinée, en scène de réconciliation africaine, nourrit autant d’espoirs que d’interrogations. Washington, conscient de sa capacité d’« entraînement » — ce…
Un accord scellé sur les bords du Potomac, écho d’un quart de siècle de tensions En conviant les chefs des diplomaties congolaise et rwandaise à parapher, sous le regard d’un secrétaire d’État américain soucieux de laisser son empreinte, un texte décrit comme « historique », l’administration Trump a voulu démontrer que sa doctrine d’empreinte minimale pouvait aussi produire des résultats concrets. Le cessez-le-feu négocié prévoit la cessation immédiate des hostilités dans l’est de la République démocratique du Congo, l’intégration encadrée des groupes armés ainsi qu’un mécanisme de vérification tripartite associant Washington, Doha et l’Union africaine. S’il ne résout pas toutes…
Une signature qui couronne trois décennies de tensions régionales Dans les salons feutrés d’un hôtel du quartier de Foggy Bottom, la poignée de main entre les ministres des Affaires étrangères rwandais et congolais symbolise l’aboutissement d’un processus sinueux entamé au lendemain du génocide de 1994. Depuis, la partie orientale de la République démocratique du Congo (RDC) a servi de théâtre à une succession de groupes armés, dont le Mouvement du 23 mars, entraînant, selon les Nations unies, plus de cinq millions de victimes directes et indirectes. Kigali et Kinshasa se sont longtemps accusés mutuellement de soutenir des milices transfrontalières, sur…
Un camp aux confins du Turkana, miroir d’une géopolitique en tension Depuis plus de trois décennies, Kakuma est devenu l’un des symboles les plus visibles des fractures de la Corne de l’Afrique. Érigé en 1992 dans le comté aride de Turkana, le site devait initialement accueillir quelques milliers de mineurs fuyant la guerre civile soudanaise ; il abrite aujourd’hui près de 300 000 réfugiés originaires majoritairement du Soudan du Sud, de Somalie et, dans une moindre mesure, de la République démocratique du Congo. À l’instar d’autres « villes-refuges », cette concentration humaine façonne un microcosme où s’imbriquent enjeux humanitaires, sécuritaires…
Un tournant diplomatique scellé sur les bords du Potomac Dans la salle Jefferson du Département d’État, l’image restera : un drapeau congolais et un drapeau rwandais, côte à côte, sous le regard du secrétaire d’État Marco Rubio. En paraphant le texte de trente-quatre articles, Félix Tshisekedi et Paul Kagame ont acté l’engagement le plus ambitieux depuis l’Accord de Lusaka de 1999. La solennité américaine n’enlève rien au pragmatisme qui a prévalu : cessation immédiate des hostilités, calendrier précis de retrait des unités rwandaises identifiées dans le Nord-Kivu et mécanisme conjoint de vérification. Washington, soucieux de crédibilité, présidera une commission d’audit trimestrielle incluant…
Une déclaration virale qui dépasse le registre de l’anecdote Le 20 mai dernier, date hautement symbolique de l’unité nationale camerounaise, une vidéo de vingt-deux secondes mise en ligne sur TikTok par Bijou Géraldine Ongmakagne Heu a enflammé les fils d’actualité régionaux. Devant un fond tricolore aux couleurs vert-rouge-jaune, l’influenceuse, suivie par plus de 300 000 abonnés, a solennellement affirmé « je serai candidate à la présidentielle de 2025 ». L’algorithme de la plateforme, amplifié par le hashtag #presidente, a propulsé la séquence à plus d’un million de vues en moins de trente-six heures, conférant à l’annonce une visibilité supérieure à…
L’Union européenne s’appuie sur son arsenal juridique En date du 26 juin 2025, le Conseil de l’Union européenne a inscrit Nathalie Yamb sur sa liste de personnes sanctionnées pour « atteinte à la sécurité et à la stabilité » des États membres, lui interdisant entrée, transit et accès à ses éventuels avoirs bancaires en Europe. Le dispositif s’inscrit dans le cadre du régime autonome adopté en 2022 pour contrer les campagnes d’influence liées aux intérêts russes (Conseil de l’UE, 2025). Sur le papier, l’UE mobilise une base juridique robuste : l’article 29 du Traité sur l’Union européenne permet au Conseil…
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