Ce qu’il faut retenir sur l’EAD à Paris
Durant trois jours, l’École Africaine de Développement a porté haut les couleurs du Congo-Brazzaville au Salon européen de l’Éducation, à Paris. Agrément définitif en poche, l’institution privée se positionne comme un pont entre les standards internationaux et les ambitions nationales de montée en compétences durable pour la jeunesse.
Paris 2025 : un rendez-vous décisif
Installé Porte de Versailles, le Salon 2025 a rassemblé plus de mille exposants et vingt-six mille formations référencées sur Parcoursup. Au milieu de cette effervescence européenne, l’EAD a animé un stand prisé par les élèves africains en quête d’orientation et par les responsables d’universités partenaires.
Olivier Mabiala Mikanou, directeur général depuis quatre ans, y a enchaîné tables rondes et rendez-vous bilatéraux. « Nous voulions montrer que Brazzaville compte déjà une école capable de répondre aux exigences européennes », a-t-il expliqué, soulignant l’appui logistique de l’Académie de Paris et l’intérêt manifesté par plusieurs grandes écoles.
L’unique vitrine congolaise du Salon
Parmi les délégations africaines, l’EAD représentait seul le Congo-Brazzaville. Cette singularité a suscité la curiosité des visiteurs, mais aussi la responsabilité de défendre la qualité de l’enseignement supérieur congolais. Des élèves originaires d’Afrique de l’Ouest ont confié apprécier « l’argument de proximité culturelle et géographique » offert par Brazzaville.
Objectif : accréditations et partenariats stratégiques
Au-delà de la visibilité, la délégation a négocié quatre protocoles d’accord avec des établissements français de santé, d’ingénierie et de management. Ces ententes prévoient des mobilités d’enseignants, la co-construction de programmes et la reconnaissance croisée de crédits, gage d’une meilleure employabilité des diplômés congolais sur les marchés régionaux.
Un projet de double diplôme licence-master est également discuté avec une grande école parisienne. Selon le DG, la signature pourrait intervenir avant le démarrage du second semestre 2026, renforçant ainsi l’attractivité internationale de l’EAD sans exiger aux étudiants des coûts élevés de mobilité vers l’Europe.
Masters et formation continue : l’offre qui s’élargit
L’agrément définitif, obtenu cette année auprès du ministère de l’Enseignement supérieur, autorise désormais l’établissement à délivrer des masters en gestion de projets, finance durable et technologies émergentes. Ces cursus complètent les licences existantes en développement, logistique, santé communautaire et ressources humaines, renforçant la chaîne de formation sans rupture académique.
Pour les professionnels, la formation continue reste un point fort. Les modules sont dispensés en soirée et fin de semaine, avec des contenus co-construits avec les directions des ressources humaines d’entreprises publiques et privées. Les employeurs saluent une « adaptation sur-mesure » qui limite l’absentéisme et améliore la performance des équipes.
Calendrier académique 2025-2026 détaillé
La rentrée des nouveaux bacheliers est effective depuis le 13 octobre 2025 tandis que les troisièmes années ont repris le 8 décembre. Les cours pour travailleurs débuteront le 13 janvier 2026, suivis des étudiants de master le 26 janvier. Un calendrier resserré pour optimiser l’utilisation des infrastructures pédagogiques.
Processus d’admission et exigence du baccalauréat
Conformément aux orientations nationales, l’EAD réserve la formation initiale aux détenteurs du baccalauréat. Les candidats expérimentés sans ce diplôme peuvent toutefois soumettre un dossier examiné par une commission interne, qui évalue l’expérience professionnelle et la capacité à suivre des cours de niveau universitaire avant d’accorder d’éventuelles dérogations.
Un corps enseignant recruté sur mesure
Chaque département organise une procédure de sélection basée sur CV, publications et entretien. Universitaires des établissements publics et praticiens d’entreprise forment un corps professoral mixte, réputé pour son exigence. Cette complémentarité confère aux étudiants un équilibre entre théories académiques, études de cas locales et tendances globales de l’économie numérique.
Bourses, facilités de paiement et responsabilité sociale
Consciente des tensions budgétaires des ménages, la direction propose des échéanciers adaptés et des réductions pour fratries. Des partenariats avec des églises et fondations permettent d’offrir des bourses à des bacheliers méritants identifiés par les communautés de base, illustrant un engagement sociétal qui dépasse la simple dimension commerciale.
Formation-emploi : l’accompagnement terrain
Le service de vie étudiante suit chaque promotion jusqu’à l’embauche. Job-dating, simulations d’entretien et plateforme interne d’offres de stages facilitent l’insertion. Les statistiques internes font état d’un taux d’intégration supérieur à 80 % six mois après la diplomation, grâce au réseau de partenaires construit depuis la création de l’école.
Le point juridique et économique de l’agrément
L’agrément définitif délivré par l’État ouvre aussi droit à des avantages fiscaux prévus par le code de l’enseignement privé, notamment l’exonération de TVA sur le matériel pédagogique importé. Cette disposition, saluée par les investisseurs, permet à l’EAD de moderniser ses laboratoires sans répercuter l’intégralité des coûts sur la scolarité significatifs.
Et après ? Vers un hub d’excellence sous-régional
La présence remarquée à Paris renforce l’ambition de faire de Brazzaville un carrefour de talents pour la CEMAC. L’EAD projette l’ouverture d’un incubateur numérique dès 2027, appuyé par des mentors européens, afin d’accompagner les étudiants vers l’entrepreneuriat innovant et de diversifier les sources de financement institutionnelles, durables et locales.
À moyen terme, le directeur général vise la certification ISO 21001 relative au management des organisations éducatives. « Nous voulons garantir la qualité objectivement », insiste-t-il. Le chantier doit démarrer en 2026, soutenu par un audit externe. Autant d’initiatives qui confortent la dynamique positive de l’enseignement supérieur congolais.
