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    Éducation

    TRESOR & PARQUEB : l’école congolaise évolue

    De Adélaïde Tchambelejanvier 5, 20264 Mins de Lecture
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    Ce qu’il faut retenir de TRESOR et PARQUEB

    Lancée à Brazzaville le 16 décembre 2025, la double initiative TRESOR-PARQUEB incarne la nouvelle ambition du Congo pour son école.

    Doté de 94,625 millions de dollars, TRESOR est financé par l’Association internationale de développement et le Partenariat mondial pour l’éducation, tandis que PARQUEB, piloté par l’UNESCO et l’UNICEF, dispose de 10 millions de dollars.

    « A travers le programme TRESOR, nous investissons sur les jeunes du Congo, et donc dans l’avenir », a déclaré Alexandra Célestin, représentante de la Banque mondiale, soulignant l’importance du renforcement de la gouvernance et des évaluations.

    Pour Fatoumata Barry Marega, de l’UNESCO, PARQUEB offre « une réponse collective » en plaçant l’enseignant, les outils pédagogiques et la gouvernance scolaire au cœur de la transformation.

    Un investissement sans précédent pour le capital humain

    Le gouvernement congolais voit dans l’éducation la pierre angulaire de la croissance inclusive décrite par le PND.

    En consacrant plus de 100 millions de dollars à la base, Brazzaville confirme son orientation vers un modèle où le développement des compétences précède l’industrialisation.

    Les bailleurs, séduits par la cohérence des réformes engagées depuis les États généraux de l’éducation, renforcent ainsi la crédibilité du Congo sur la scène internationale.

    Des études de la Banque africaine de développement montrent qu’un dollar investi dans la petite enfance génère jusqu’à sept dollars de retour économique, argument qui a pesé dans l’arbitrage budgétaire.

    Le ministère de l’Économie numérique prépare en parallèle un portail de ressources ouvertes qui viendra alimenter les contenus pédagogiques, créant des synergies entre TRESOR, PARQUEB et la stratégie Congo Digital 2025.

    Mettre l’enseignant au centre de la refondation

    TRESOR prévoit l’optimisation du recrutement et du déploiement des enseignants afin de réduire les disparités entre zones rurales et urbaines.

    PARQUEB complète ce volet en développant des modules de formation continue qui introduisent des outils numériques, facilitant un suivi individualisé des élèves.

    Jean-Luc Mouthou, ministre de l’Enseignement préscolaire, estime que ces instruments offrent « un nouveau cadre pour améliorer durablement la qualité des apprentissages » tout en renforçant les capacités institutionnelles de son département.

    Un système d’incitations fondé sur la performance entrera en phase pilote dès la rentrée 2026, avec des primes modulées selon la progression des apprenants mesurée par les évaluations standardisées.

    Le Centre national de formation des maîtres à Dolisie sera modernisé pour accueillir des laboratoires de didactique, financés à 60 % par TRESOR, offrant un espace d’expérimentation aux futurs enseignants.

    Gouvernance et données : le pari de la transparence

    Les deux projets réhabilitent la collecte et l’analyse de données éducatives afin de guider les politiques publiques sur des bases factuelles.

    Des évaluations nationales standardisées seront institutionnalisées, permettant d’identifier rapidement les lacunes et d’ajuster les curricula.

    La Banque mondiale insistera sur des revues trimestrielles de performance ; les indicateurs seront publiés, renforçant la confiance des citoyens et des partenaires.

    Une plate-forme infonuagique hébergée à la Société des postes et de l’économie numérique centralisera les statistiques scolaires, facilitant l’accès en temps réel aux indicateurs pour les ministères et les partenaires techniques.

    Les enseignants seront formés à l’usage de tablettes pour renseigner les tableaux de bord pédagogiques.

    Impacts attendus dans les départements prioritaires

    Plus d’1,2 million de bénéficiaires sont ciblés, avec un accent sur la Lékoumou, la Sangha, la Likouala et le Pool, territoires où les indicateurs d’achèvement restent inférieurs à la moyenne nationale.

    Dans ces départements, 400 écoles préscolaires seront équipées de kits pédagogiques, et 3 000 enseignants recevront une formation axée sur la lecture et le calcul de base.

    Les communautés locales participeront aux comités de gestion scolaires, un mécanisme qui, selon plusieurs ONG nationales, favorise la responsabilisation et réduit les abandons.

    Des campagnes radios en langues locales expliqueront aux parents l’importance de la scolarisation précoce, stratégie inspirée des succès observés au Ghana et adaptée aux réalités congolaises.

    Et après ? Vers une montée en puissance coordonnée

    Anatole Collinet Makosso a salué une « étape déterminante » dans la refondation du système éducatif, tout en rappelant que les Etats généraux seront suivis d’un plan décennal.

    Le gouvernement envisage déjà d’élargir les évaluations à l’enseignement secondaire et d’expérimenter des partenariats public-privé pour la construction d’internats dans les zones enclavées.

    Les partenaires, eux, conditionnent leur soutien futur à la consolidation des acquis et à l’intégration des innovations numériques dans les budgets ordinaires.

    Si la discipline budgétaire est maintenue, les spécialistes anticipent une amélioration de cinq points du taux d’achèvement primaire d’ici 2029, une avancée décisive pour atteindre l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

    Une mission conjointe d’évaluation est déjà programmée pour 2029 ; elle devra mesurer l’impact sur la réduction des inégalités de genre et la transition vers le collège.

    Anatole Collinet Makosso Banque mondiale L’Oréal-UNESCO PARQUEB TRESOR
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