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    Trois livres AET 2025 : critiques passionnées

    De Désiré Nguendéoctobre 27, 20254 Mins de Lecture
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    Ce qu’il faut retenir

    À l’amphithéâtre des AET de Poto-Poto, la rentrée littéraire 2025 a dressé un panorama contrasté : roman engagé, poésie historique et réflexion citoyenne. Trois livres, 2 199 pages et un public attentif ont fait résonner la vitalité de la scène congolaise.

    Rémy Ayayos Ikounga, président des Anciens Enfants de Troupe, a salué « une occasion d’élever l’esprit tout en renforçant les valeurs de service ». La tonalité est restée fédératrice, célébrant le livre comme instrument de cohésion et de projection nationale.

    Brazzaville, scène littéraire AET

    La séance, animée par l’AET Armand Elenga, a réuni chercheurs, magistrats et formateurs. L’auditeur de justice Jessy Loemba, le coach en art oratoire Patherson Mouckaulho Itsissa et le Dr Rosin Loemba ont guidé l’auditoire dans une traversée critique des œuvres.

    Entre intermèdes musicaux de l’AET Aristide J. Johnson et tirades poétiques, la salle a basculé du silence méditatif aux applaudissements nourris. Ce format hybride, désormais signature des AET, vise à rendre la critique accessible tout en maintenant l’exigence académique.

    Les voix de la critique congolaise

    Jessy Loemba a ouvert le bal, rapprochant chaque texte des enjeux contemporains d’éducation et d’éthique. « Le livre reste une boussole quand les repères vacillent », a-t-il déclaré, rappelant la mission historique des AET : former des citoyens complets.

    Rosin Loemba a, pour sa part, insisté sur l’importance de la narration comme outil de mémoire collective : « Nos littératures deviennent archives vivantes ; elles préservent l’élan patriotique et interrogent l’avenir ». Ces interventions ont balisé une lecture tournée vers l’action.

    « L’intruse du Khalifat » : miroir du terrorisme

    Patherson Mouckaulho Itsissa a décortiqué le roman de 250 pages paru en 2018. Porté par l’héroïne Aminata, enseignante devenant moudjahidine, le récit arpente un Kakongo fictif, entre Mali et Niger, pour sonder les racines de la radicalisation.

    L’analyste a souligné un champ lexical saturé de termes tels que khalifat, État islamique ou Boko Haram, plaçant le livre au cœur des débats sécuritaires régionaux. « Nous quittons la romance pour parler intelligence territoriale », a-t-il précisé en évoquant l’écho congolais de ces menaces.

    Les recueils poétiques de Charles N’Kouanga

    Les vers d’« Hosties Marlyques » et d’« Odes Leyennes » embrassent l’histoire AET, des collines de Gamboma aux cours martiales d’Afrique. Rimes martiales, liturgie républicaine et tendresse d’anciens camarades s’y mêlent pour tresser une mémoire sensible.

    Rosin Loemba a relevé la musicalité des images : « L’auteur scande l’héroïsme modeste d’une génération qui a choisi le drapeau ». Le public, souvent ancien pensionnaire, a reconnu dans ces poèmes des fragments de sa propre trajectoire.

    Échanges interactifs, énergie partagée

    Après chaque exposé, micros ouverts et questions affûtées ont prolongé la réflexion. Étudiants, diplomates et entrepreneurs ont testé les analyses face aux urgences régionales : cohésion sociale, sécurité, emploi culturel.

    La discussion sur l’héroïne d’« L’intruse du Khalifat » a divisé : est-elle victime ou actrice ? Ce débat démontre la capacité de la fiction à créer une agora moderne, loyale à l’esprit de dialogue cher aux AET.

    Contexte : AET, mémoire vivante

    Fondée en 1988, l’Association regroupe près de 4 000 anciens pensionnaires de collèges militaires du Congo-Brazzaville. Ses rentrées littéraires complètent les actions civiques, allant du reboisement aux conférences sur la paix.

    Ces initiatives remportent un soutien institutionnel constant. Pour le président Ikounga, « le livre consolide la discipline et l’ouverture d’esprit nécessaires au développement ». Cette posture constructive reflète l’engagement du pays à promouvoir une culture de la lecture.

    Le point juridique / éco du livre au Congo

    Le marché congolais du livre reste marqué par des coûts logistiques élevés et une TVA à 8 %. Néanmoins, le ministère de la Culture prépare des mesures d’allègement visant à stimuler l’édition locale et l’importation scientifique.

    Les AET militent pour un fonds de soutien à la production, estimant qu’un tirage de 1 000 exemplaires peut devenir rentable quand le papier est exonéré. Les débats de Brazzaville ont ainsi croisé la poésie et la macro-économie culturelle.

    Et après ? Vers un écosystème de lecture

    Les organisateurs annonceront bientôt un concours d’éloquence inspiré d’« Hosties Marlyques », afin de pousser lycéens et cadets à saisir l’actualité par la rhétorique. La finale se tiendra à l’École militaire préparatoire.

    Patherson Mouckaulho Itsissa espère voir « chaque jeune Congolais tenir un livre, arme pacifique de son avenir ». La prochaine édition de la rentrée littéraire promet déjà d’accueillir des auteurs du Gabon et du Cameroun, élargissant la portée régionale.

    Dans l’attente, les trois ouvrages circulent de bibliothèque en librairie, prolongeant le dialogue entamé. Ainsi, Brazzaville confirme sa place de carrefour culturel où la littérature accompagne les dynamiques sécuritaires, économiques et citoyennes du Congo moderne.

    Association des anciens enfants de troupe du Congo Charles N’Kouanga Hosties Marlyques L’intruse du Khalifat Odes Leyennes
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