Ce qu’il faut retenir
La feuille de route 2025-2030 des Associations et Clubs pour l’UNESCO, portée par le thème « Construire ensemble un avenir durable », a été confiée à Pierre Albert Ntumba wa Ntumba, figure historique du mouvement en République démocratique du Congo et voix bien connue à Brazzaville.
L’ambition affichée est de fédérer les clubs scolaires, universitaires et communautaires des deux rives du fleuve autour des Objectifs de développement durable, en misant sur l’entrepreneuriat vert, le numérique éducatif et la culture de paix pour transformer l’énergie de la jeunesse en projets concrets.
Parcours d’un bâtisseur éducatif
Doyen fraîchement consacré du Mouvement des Associations et Clubs pour l’UNESCO en RDC, Pierre Albert Ntumba porte quarante-cinq ans d’engagement. De 1978 à 1980, il pilotait déjà le Club UNESCO du Collège Boboto avant de co-fonder, en 1984, la FACU qui fédère aujourd’hui près de 300 structures.
Sa carrière médiatique – Radio Magnificat de Brazzaville, puis collaborations régulières aux Dépêches de Brazzaville – l’aiguillonné à promouvoir le dialogue interculturel. « Les ondes m’ont appris que la première infrastructure d’un pays reste l’esprit de sa jeunesse », glisse-t-il avec son timbre familier.
Une cérémonie sous le signe de l’unité
Kinshasa a vibré lors de la remise officielle du document stratégique par Gabin Allognon Ahogbédji, président Afrique de la Fédération mondiale des Associations et Clubs pour l’UNESCO. L’estrade réunissait aussi Jules Kouba, tête de file de la branche congolaise basée à Brazzaville, et Benoît Ilunga Tshipama, président élu de la FACU.
Devant un public mêlant étudiants, responsables d’ONG, entrepreneurs créatifs et représentants de la diaspora, les intervenants ont salué « la fraternité du bassin du Congo ». Les applaudissements ont culminé lorsque les drapeaux des deux capitales les plus proches du monde ont été brandis côte à côte.
Contexte : l’écosystème UNESCO en Afrique centrale
Depuis la fin des années 1970, les clubs UNESCO servent de laboratoires citoyens. À Kinshasa, Brazzaville, Pointe-Noire ou Mbandaka, ils organisent des ateliers sur la biodiversité, l’alphabétisation numérique et la préservation des langues locales, s’appuyant sur les textes fondateurs de l’Organisation onusienne.
La dynamique répond à une triple urgence : 60 % de la population de la sous-région a moins de 25 ans ; le taux d’accès à un internet de qualité reste inférieur à 30 %; et les forêts du bassin du Congo, deuxième poumon mondial, exigent une gestion participative renforcée.
Le point juridique et institutionnel
La charte de la Fédération mondiale reconnaît aux antennes nationales une autonomie d’action, sous réserve d’alignement sur les conventions UNESCO ratifiées par chaque État. En RDC comme au Congo, les ministères de la Jeunesse et de l’Éducation soutiennent les clubs via des protocoles d’accord renouvelés tous les cinq ans.
Le document 2025-2030 intègre les résolutions de la Conférence Générale UNESCO : promotion d’une éducation à la citoyenneté mondiale, renforcement des compétences STEM et valorisation du patrimoine immatériel. Les clubs devront produire des rapports d’impact annuels pour conserver leur accréditation.
Scénarios 2025-2030 pour la jeunesse
Trois trajectoires sont évoquées. Premièrement, un scénario d’accélération numérique : déploiement de 200 FabLabs scolaires et création d’un réseau d’ambassadeurs tech formant 50 000 jeunes aux codes et à la cybersécurité.
Deuxièmement, l’option climat-forêts : constitution de brigades vertes chargées de planter dix millions d’arbres en six ans et de cartographier les aires protégées grâce à des drones éducatifs. Troisièmement, le scénario culturel : production de 500 capsules vidéo en langues locales pour réinventer la transmission orale.
Et après ? Feuille de route en action
Les partenaires envisagent un fonds d’amorçage de deux millions de dollars, mobilisé auprès de bailleurs multilatéraux et de mécènes privés africains. La première levée, attendue avant la prochaine Assemblée régionale, financera vingt projets pilotes, dont un hub d’innovation à Brazzaville.
« Nous voulons passer du plaidoyer à la preuve », insiste Gabin Allognon Ahogbédji, persuadé que la légitimité viendra des résultats mesurables. Pierre Albert Ntumba conclut, sourire serein : « Si nous construisons une jeunesse confiante, nous construisons le Congo et l’Afrique centrale, tout simplement ».
